|
Jules-Constant Salémi est né à Bizerte le 3 avril 1906, douzième enfant d'une famille qui en comptait déjà dix.
[...] Né catholique et baptisé, l'enfant n'ira pas plus loin dans l'usage des sacrements, ne suivra pas de cours de catéchisme et ne fera pas sa première communion. C'est là un détail à ne pas oublier, car il faut noter que J.-C. Salémi parviendra à l'âge d'homme, vierge de tout enseignement religieux et c'est seulement à travers la lecture des textes sacrés que Dieu, plus tard, se fera connaître.
Cependant, vers l'âge de treize ans, le bon élève prédisposé aux spéculations mathématiques et scientifiques, commence à s'inquiéter et s'interroge sur la réalité de Dieu. On pense à la phrase de Voltaire: "...et je ne puis songer...que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger !
Mais personne ne se trouve là pour répondre aux interrogations de cette âme enfantine. [...] Un jour enfin, arrive à la maison de Bizerte, pendant certaines vacances d'été, l'un des beaux-frères de J.-C. S., homme érudit, intelligent et bon. La vive intelligence du garçon le séduit, et les voici, tous deux, se posant mutuellement des "colles" sur les points délicats des sciences ou des mathématiques. Et soudain, voici que jaillit la question que l'enfant retient depuis des mois: "Que pensez-vous de l'existence de Dieu ?".
[...] - Les avis sont partagés, mon petit ! Pour moi, je pense que Dieu existe. Voici ma Bible, lis, tu te feras une opinion toi-même.
L'enfant avala la Bible en quinze nuits. Rencontre inoubliable et sans doute profonde empreinte sur cette cire vierge: une âme d'enfant. Le livre, cependant, est mis de côté, comme si Dieu, après avoir affirmé son existence, voulait encore se dérober derrière les épreuves de la vie des sens.
Les années passent donc et l'adolescent se plonge de plus en plus dans les études [...]. Mais avec la disparition du père, l'argent se fait rare à la maison et il lui faut d'urgence gagner sa vie.
[...] Expert comptable, inventeur de machines, compositeur à ses heures, puis industriel, voici donc maintenant J.-C. Salémi sur la route de la prospérité. La famille a quitté Bizerte pour le Maroc et la carrière de J.-C. S. prendra véritablement son essor à Casablanca, ce New York de l'Afrique du Nord.
Le jeune homme continue à vivre aux côtés de sa mère et ces deux êtres s'adorent, malgré les orages qu'occasionne parfois l'existence assez libre du garçon, attiré par toutes les manifestations de la vie. Fiancé trois fois, malgré les réticences de sa mère, -sans doute guidée par Dieu-, trois fois les mariages cassèrent, sans que J.-C. S. eut nettement conscience des raisons de ces échecs. [...] Mais l'homme se résigna mal et longtemps il portera le regret de cette vie familiale avortée. Les liaisons nouées au hasard des années de guerre ou des repas d'affaires ne rempliront jamais le vide d'un coeur bien né, que seul, l'amour absolu de Dieu enfin découvert, finira par combler.
[...] Il semble que la main divine ait agi avec infiniment de prudence et de tact dans l'éveil progressif de cet être de feu, en qui l'ardeur à vivre le dispute à l'ambition. La maladie d'un frère chéri, amène d'abord J.-C. S. à connaître un célèbre guérisseur, spiritualiste convaincu et âme d'élite qui, lui, sans crainte ni doute, parle de Dieu. La graine semée germera, mais au milieu de combien d'épines ! [...] Ce n'est qu'en 1958, qu'ayant acheté une entreprise à Paris, il eut quelques loisirs et se tourna vers plusieurs groupes spiritualistes qui ne surent pas, semble-t-il, retenir son attention. [...] Il décida donc de créer lui-même son propre groupe, "mais", dit-il, "je me heurtais de nouveau aux intrigues et à la soif de plaisir des gens."
"La soif de plaisirs ?" Qu'est-ce à dire ? Et quel chemin parcouru depuis la jeunesse ! Qu'a-t-il donc découvert J.-C. S. qui l'ait si bien détaché des joies humaines jusqu'à lui faire déclarer "qu'il faut être chaste et végétarien" ? Tout d'abord: la douleur. Elle est venue, insidieuse et sûre, prouvant que rien n'existe de stable et d'éternel, dans les plus nobles attachements de l'homme. Une soeur chérie est morte, puis la mère bien-aimée. Des amis se sont perdus, des amours se sont fanées...
La douleur, le doute aussi ! La recherche d'une vérité qui se dérobe sous les voiles multiples: métaphores des écritures, symbolisme de la Mythologie, romanesque de la légende du Graal... Car Jules-Constant a repris sa Bible. Et le miracle s'accomplit ! Au cours de méditations qui s'allongent de plus en plus, finissant par envahir les heures de jour et de nuit d'une vie vouée désormais à la spiritualité, J.-C. S. découvre un prodigieux itinéraire intérieur.
[...] Il convient de marquer une pause dans le survol de cette vie d'homme ! Car ce qui va s'étaler désormais devant nous, ce ne sont plus des faits jalonnant une existence humaine, mais l'épanouissement d'une mystique, à travers une oeuvre littéraire sans précédent par son abondance et sa qualité.
[...] Quel plus bel encouragement pour nous, êtres de faiblesse et d'abandon, d'humbles servitudes et d'erreurs quotidiennes, que ces messages, cette confiance, cette voix parlant au dedans d'une âme "engagée dans l'existence moderne", et rappelant qu'au-delà de nos rues boueuses, du bruit infernal des cités, de notre ciel saturé de fumées délétères, il existe un monde pur où rit et chante la réalité vivante de Dieu ?
[...] Parfois, dans la solitude de votre chambre, ou dans le silence de la forêt, penchez-vous vers cette source miraculeuse que tout homme possède, au plus creux de lui-même. C'est là, la seule école de mystère préconisée par J.-C. S., et c'est, en effet, la meilleure ! "Ecoutez Dieu en vous !"
|