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Acharya Vinoba
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Dans toute l'Histoire jusqu'à ce jour les nations ont pratiqué la violence pour faire durer leur gouvernement. Et pourtant on n'a pas encore découvert un Gouvernement fondé sur la violence qui ait survécu. Le prestige de la violence est si grand sur notre imagination que même alors qu'elle a fait mille fois faillite, nous continuons à croire en ses capacités de réussir. L'évidence négative apportée par les faits devrait suffire à nous faire conclure que nul Etat ne peut durer par la violence.

 

"Les Pèlerinages", de Lanza del Vasto, Editions Denoël, 1954

 

 

Brève notice biographique

Pratiquement inconnu du public occidental, Vinoba, disciple direct de Gandhi et dépositaire de ses plus hauts idéaux moraux et sociaux, fut le continuateur naturel de l'oeuvre que celui-ci avait commencée.L'acharya Vinoba Bhave, de son vrai nom Vinayak Bhave, est né le 11 septembre 1895, à Gagoda, au sein d'une famille brahmane. C'est après ses études universitaires qu'il commença à se tourner vers les enseignements de Gandhi, qu'il rencontra en 1916. Profondément convaincu par les idées de celui-ci, il brûla ses diplômes, rejeta son cordon de brahmane et se dévoua entièrement à l'action de celui qu'il reconnut comme son maître.Son engagement auprès du Mahatma le mena à de nombreuses reprises en prison pour désobéissance civile. Après la révolte de 1951 dans la province du Telangana, provoquée par la misère des paysans sans terre, Vinoba entama l'action du Bhudan, ou don de terres, partant du principe qu'il fallait amener ceux qui avaient trop de terre, à en donner à ceux qui n'en avaient pas. S'ensuivirent le Sampattidan, ou don en espèces, le Gramadan, ou don de village entier, et le Gramaraj, authentique village autonome, où tout pouvoir ou gouvernement central devient inutile.

 

Du devoir du travail

 

"Tu dois faire de tes mains ce dont tu as besoin, et te contenter de ce que ta main sait faire ou de son exact équivalent. Tout le reste est abus. Il est juste aussi que tu travailles pour ton père trop vieux, pour ton enfant trop jeune, pour ta femme trop faible, pour ton voisin infirme; et il est juste, si tu tombes malade, que ton prochain travaille pour toi. Mais si tu te dispenses du travail (je dis bien du travail le plus humble, le plus commun, le plus pénible aussi, le travail corporel) pour une autre raison que l'infirmité, sache que tu vis du travail d'autrui et demande-toi si tu n'es pas dans l'abus."

 

 



 

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