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Le végétarisme, pourquoi? PDF Print E-mail
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Le végétarisme, pourquoi?
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ASPECTS ÉTHIQUES ET SPIRITUELS

L'alimentation carnée est synonyme de cruauté, de mort et de non-respect de la vie. Un mode de vie comme le nôtre, éloigné à l'extrême des réalités de la nature, nous pousse à oublier les conditions premières de la vie, qui voudraient que tout un chacun produise dans la mesure du possible ce qu'il mange. Mais le système social artificiel et condamné à disparaître dans lequel nous vivons, nous a rendus insensibles aux conditions naturelles de la vie. Nous avons pris nos distances avec la spiritualité en nous concentrant exclusivement sur l'intérêt de la vie matérielle, du confort et du plaisir.

Quand nous mangeons, ce n'est plus pour nous un acte sacré qui nous relie à l'esprit divin. Nous ne voyons plus dans les aliments le reflet de l'esprit sur la matière comme nous ne voyons pas non plus le reflet de Dieu dans les animaux. L'animal, quel qu'il soit, ressent la douleur et le plaisir tout comme un être humain, parce qu'il est habité par une âme de nature spirituelle, à l'image de nous-mêmes. Sans cette âme, point de vie: c'est le souffle de Dieu. Et l'âme, nous la retrouvons partout, autant dans le monde végétal que dans le monde minéral ou animal.

Tout être vivant doit sa subsistance aux fruits de la terre. Tout dépend d'elle. Quand nous tuons un animal pour le manger, nous ne faisons que consommer ce que la terre nous donne mais, pourrait-on dire, de seconde main. En voyant un morceau de viande bien fraîche et joliment emballée, nous ne percevons plus la souffrance qui se cache derrière ce steak. Notre responsabilité est poussée tellement loin dans les méandres de la production de ce morceau de viande, que nous avons le sentiment de ne plus être responsables de la mort et de la souffrance de cet animal. Comme disait Plutarque: "Si vous pensez que votre corps est fait pour se nourrir naturellement de viande, alors tuez d'abord vous-même l'animal que vous voulez manger. Mais faites-le seulement avec les moyens naturels qui sont à votre disposition, sans l'aide d'un couteau ou d'un objet similaire. Déchirez avec vos dents la chair d'un agneau et, plongeant votre bouche dans ses organes vitaux, étanchez votre soif avec son sang chaud. Alors, et alors seulement, vous serez conséquent". L'homme a fermement établi sa supériorité sur l'animal. Malheureusement celle-ci se manifeste trop souvent par de la cruauté. Leonardo da Vinci a dit: "L'homme est sans doute le roi des animaux, car sa brutalité dépasse celle de tous les autres. Nous vivons sur la mort des autres êtres. Nous sommes des lieux de sépulture". Nous supprimons en nous notre capacité naturelle de compassion et de bienveillance et dressons ainsi d'énormes barrières qui empêchent l'épanouissement et le développement de notre nature spirituelle, qui se nourrit aux sources de l'amour et de la compassion. La spiritualité hindoue affirme que "en mangeant de la viande on introduit directement en l'homme une partie de la nature animale et par conséquent de ses instincts bestiaux. La violence et l'envie de tuer se développent et la cruauté s'installe en lui".

L'âme s'incarne dans un corps de matière pour purifier sa conscience, recouverte d'un voile de matière qui lui empêche de reconnaître sa nature spirituelle. Sans âme, la vie dans la matière n'est pas possible. Les animaux au même titre que les êtres humains sont incarnés pour leur permettre d'évoluer. Nul ne devrait s'autoriser la mise à mort d'un autre être vivant pour le seul plaisir de son palais, car, ce faisant, il s'arroge un droit qui ne lui revient pas sur la vie de cet être et éveille en lui-même des instincts animaux qui le pousseront de plus en plus vers la matière, au lieu d'éveiller la compassion et l'amour qui se trouvent en lui et qui peuvent l'aider à s'élever vers les hauteurs de l'esprit en purifiant sa conscience.

Le Mahatma Gandhi était convaincu que les raisons éthiques constituaient une base plus solide que les raisons nutritionnelles pour justifier l'adoption d'un régime végétarien. "Je pense", disait-il, "que le progrès spirituel exige, à un certain stade, que nous cessions de tuer d'autres créatures pour la satisfaction de nos besoins physiques".



 

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